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Vivre le deuil : Réactions physiques chez les enfants

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Les enfants sont susceptibles de connaître différentes réactions physiques face à la perte d’un proche, incluant :

  • Comportement et humeur ;
  • Appétit ;
  • Sommeil ;
  • Régression ;
  • Maladie ;
  • Ils connaîtront également des réactions émotionnelles.

Comportement et humeur

Certains enfants en deuil peuvent présenter certaines réactions physiques face à la mort d’un être cher. Encore une fois, les comportements et les réactions physiques que certains enfants peuvent démontrer lorsqu’ils sont en deuil peuvent différer et deux enfants ne réagiront pas de la même façon.

Certains enfants en deuil peuvent avoir un mauvais comportement, faire des crises, crier et hurler. Ce genre de comportement est le plus souvent dirigé vers la personne qui prend soin d’eux ou la personne avec laquelle ils se sentent le plus à l’aise. Chez les jeunes enfants en deuil, de telles réactions peuvent être communes. L’enfant en deuil a du mal à traiter et à articuler leurs émotions et par conséquent, ils peuvent faire des crises car ils se sentent frustrés.

Bien qu’il soit important de permettre à l’enfant en deuil de vivre ses émotions, il est également essentiel d’imposer des limites. Par exemple, expliquez à l’enfant qu’il est normal de se sentir triste ou en colère, mais que ce n’est pas acceptable de frapper ou de blesser quelqu’un, y compris lui-même, lorsqu’il se sent de cette façon.

Les enfants plus âgés peuvent présenter des sautes d’humeur fréquentes et imprévisibles. Cela peut être la façon dont l’adolescent se portait avant le décès dû aux changements hormonaux et à la puberté ; cependant, les sautes d’humeur qui se produisent lors du deuil sont plus importantes dans leur intensité.


Comment puis-je aider ?

  • Reconnaissez que les comportements et les humeurs de l’enfant en deuil diffèreront de comment il était avant la mort. Rappelez-vous que les comportements et les humeurs que l’enfant vit durant son deuil changeront au fil du temps.
  • Rassurez votre enfant qui se sent en colère, coupable, confus ou en détresse que c’est normal et encouragez-le à parler de comment il se sent.
  • Mettez des limites en place pour empêcher ou décourager votre enfant en deuil de se blesser ou de blesser les autres. Parlez avec l’école si vous êtes préoccupé que votre enfant devienne physiquement ou verbalement violent.
  • Contactez votre médecin généraliste si vous êtes inquiet des comportements de votre enfant en deuil.

Appétit

Les enfants en deuil peuvent parfois éprouver des difficultés à manger suite à la perte d’un être cher.

Un enfant en deuil peut manquer d’appétit et dire qu’il « ne peut pas faire face à la nourriture ». Même les aliments préférés peuvent sembler peu attrayant pour un enfant en deuil. De même, un enfant en deuil peut avoir tendance à trop manger ou se tourner vers la nourriture pour s’apaiser. Les enfants en deuil peuvent également devenir pointilleux sur la nourriture et sur ce qu’ils mangent.

Les difficultés concernant l’alimentation peuvent être aggravées par les changements de routine et d’heures de repas modifiées à la suite du décès. Par exemple, si la personne décédée était le principal fournisseur de repas pour l’enfant, des difficultés peuvent apparaître lorsque quelqu’un d’autre prend cette tâche en charge. Si l’enfant en deuil mange à différents moments et différents endroits après la mort, cela peut aussi se révéler problématique.

Si vous pensez qu’il y a des changements drastiques dans les habitudes alimentaires de l’enfant en deuil, en particulier s’il perd du poids de façon spectaculaire en refusant de manger, une discussion avec votre médecin pourrait être nécessaire. Rappelez-vous d’encourager doucement l’enfant en deuil à manger et à garder les heures de repas aussi structurées que possible.


Comment puis-je aider ?

  • Comprenez qu’une augmentation ou une baisse de l’appétit est une réaction commune face à la perte d’un être cher.
  • Essayez de garder les heures de repas aussi routinières que possible afin de garder une certaine normalité.
  • Certains enfants en deuil pourraient dire qu’ils ne peuvent pas faire face à l’idée de manger. Encouragez-les, si possible, de manger peu et souvent.
  • Si votre enfant en deuil semble manger beaucoup plus qu’à l’habitude, n’essayez pas de les restreindre ou de les punir. La nourriture peut, pour certains enfants en deuil, être une sorte de réconfort et leur permettre un répit temporaire de leur douleur.

Sommeil et habitudes de sommeil

Il est essentiel que l’enfant en deuil soit bien reposé. Le sommeil est essentiel pour le bien-être mental, émotionnel et physique de l’enfant. Au lendemain de la mort d’un proche, les habitudes de sommeil d’un enfant en deuil peuvent changer de façon significative.

Un enfant en deuil, indépendamment de la façon dont il est fatigué, pourrait ne pas être en mesure de s’endormir facilement ou pourrait se réveiller toute la nuit et avoir de la difficulté à se rendormir. Les cauchemars et les mauvais rêves ne sont pas rares chez les enfants en deuil, et on doit laisser un peu de temps passer pour en discuter.

Parfois, un enfant en deuil pourrait avoir peur de s’endormir par peur de ne jamais se réveiller. Parfois, un enfant en deuil pourrait insister pour laisser la lumière allumée et pourrait être super vigilant, signifiant qu’il restera volontairement éveillé pour s’assurer à ce que personne d’autre ne décède pendant la nuit.

Si un enfant en deuil s’est fait expliquer la mort de leur proche comme s’étant «endormi», cela pourrait augmenter les problèmes de sommeil.


Comment puis-je aider ?

Certains enfants trouveront cela plus facile de s’endormir si vous parlez avec eux pendant qu’ils sont au lit et qu’ils se préparent à dormir. Les livres d’histoire et les livres peuvent aider l’enfant en deuil à mieux comprendre ses sentiments. Une liste de livres pour les enfants en deuil de différents âges peut être trouvée dans votre librairie.

Des «doudous» ou des couvertures peuvent aussi être utilisées par les enfants. Certains enfants en deuil se sentent plus en sécurité la nuit s’ils peuvent s’envelopper dans une couverture particulière qui est spéciale pour eux.

L’utilisation de certaines huiles calmantes telles que la lavande peut faciliter le sommeil et favoriser le repos. Quelques gouttes sur l’oreiller peuvent être utilisées, mais ne les mettez pas directement sur la peau.

Parfois, s’asseoir avec l’enfant en deuil (particulièrement ceux qui deviennent super vigilants) jusqu’à ce qu’il s’endorme peut l’aider à se sentir plus en sécurité.

Si votre enfant en deuil vous dit qu’il fait des cauchemars, encouragez-le à les partager avec vous et aidez l’enfant à parler des craintes ou des inquiétudes qu’il pourrait avoir.

Certains enfants qui dormaient dans le noir avant le décès de la personne pourraient maintenant vouloir dormir avec la lumière allumée. Laissez la lumière allumée tout en rassurant l’enfant que vous serez toujours à proximité pendant la nuit s’il a besoin de vous.


Régression ou retour en arrière

La mort d’un proche prive l’enfant en deuil de leur sentiment de sécurité et de protection, en particulier si la personne décédée était la personne qui prenait principalement soin d’eux.

Lorsque ce sentiment de sécurité a été altéré, l’enfant en deuil pourrait régresser ou revenir à des comportements ou des discours qui ont été observé lors des stades de développement précédents. Il est fréquent pour un enfant en deuil de sucer son pouce, utiliser un langage de bébé, mouiller/souiller son lit ou de manger avec ses doigts.

Ce n’est pas un signe que l’enfant en deuil ne sera pas en mesure de se développer intellectuellement ou mentalement, c’est plutôt que l’enfant adopte des comportements qui se sont produits alors que tout était beau dans leur monde, avant le deuil.

Avant le deuil, l’enfant se sentait en sécurité et maintenant que cette sécurité est en péril, l’enfant cherche à «remonter le temps» jusqu’au moment où les choses étaient normales. De manière générale, alors que le deuil progresse, l’enfant commencera à se sentir à nouveau en sécurité, alors le comportement régressif devrait diminuer.


Comment puis-je aider ?

  • Essayez de ne pas être alarmé si votre enfant semble être incapable d’accomplir des tâches qu’il faisait facilement avant que la personne décède.
  • Si vous avez peur que votre enfant régresse académiquement, en avisez l’école pourrait être utile.
  • Essayez de ne pas montrer de la frustration avec votre enfant s’il est devenu distrait, c’est une réaction commune vécue par les enfants en deuil et devrait disparaître avec le temps.
  • Si l’enfant en deuil mouille son lit et est frustré contre lui-même, rassurez-le que ce n’est pas de sa faute et que c’est une réaction normale lorsqu’un proche décède.
  • Si vous êtes inquiet que votre enfant affiche des comportements régressifs sur une longue période de temps, contactez votre médecin généraliste, ou tout autre organisme de soutien qui pourrait vous aider.

Maladie – Réelle et psychosomatique

Lorsqu’un enfant est en deuil, il peut parfois être observé qu’il se plaigne de maladies ou de douleurs physiques en réaction au traumatisme émotionnel qu’il vit. Parfois, ces maladies peuvent être de manifestations réelles provoquées par manger peu/trop ou ne pas avoir assez de sommeil.

Communément, certains enfants en deuil éprouvent des maladies psychosomatiques en réaction à la mort d’un être cher. Cela ne signifie pas que la maladie ou l’inconfort dont l’enfant se plaint est «dans sa tête», mais plutôt que le malaise est parallèle à la douleur émotionnelle qu’il ressent.

Par exemple, un enfant en deuil peut se plaindre d’un mal de tête ou d’estomac, alors qu’en réalité il essaie de convertir sa douleur émotionnelle en douleur physique. Parfois, un enfant en deuil peut devenir anxieux et irritable face à l’idée qu’il ou quelqu’un proche de lui tombe malade et décède. C’est une réaction naturelle face à un manque de sécurité ressenti par l’enfant.

Certains enfants en deuil pourraient commencer à se plaindre de symptômes similaires à ceux rencontrés par la personne qui est décédée avant sa mort. Si vous trouvez qu’il est difficile de rassurer l’enfant qu’il n’a pas une tumeur au cerveau, le VIH ou une maladie terminale, il pourrait être utile de consulter votre médecin afin qu’il puisse lui expliquer qu’il n’a pas ces maladies.

Si l’enfant en deuil devient obsédé par une maladie particulière et que cela affecte considérablement sa vie quotidienne (n’est pas en mesure de toucher les poignées de porte, se lave les mains compulsivement par crainte d’une éventuelle contamination), une discussion avec votre médecin généraliste pourrait être utile.


Comment puis-je aider ?

  • Si votre enfant est convaincu qu’il a une maladie grave ou terminale, encouragez-le à aller voir son médecin afin qu’il puisse répondre à ses peurs.
  • Soyez conscient que votre enfant pourrait décrire les symptômes que la personne décédée avait avant sa mort.
  • Une alimentation saine et équilibrée et un sommeil de qualité peuvent aider à prévenir les infections et les rhumes qui peuvent se produire alors que l’enfant est en deuil. Le système immunitaire de l’enfant peut être affaibli en raison de trop peu de nourriture ou de sommeil.
  • Si votre enfant en deuil se plaint d’une douleur particulière, encouragez-le à discuter comment et où ça fait mal, alors qu’il pourrait essayer d’expliquer la douleur émotionnelle qu’il ressent en termes physiques.